2000+ clients
91% de réussite ⬈
Marque INPI/EUIPO

Droit au Déréférencement Google : critères et recours 2026

Pierre Billard Rédigé par Pierre Billard · Mis à jour le · Lecture : 10 min
Conformité RGPD
Intervention 24-48h
Devis gratuit
Déréférencement RGPD
Procédures de déréférencement Google, Bing et autres moteurs sur la base du RGPD et de la jurisprudence CJUE.
Nettoyeur web
nom masculin - Expert spécialisé dans les procédures de déréférencement et la protection de l'identité numérique. Traduction anglaise : web clearer

Le droit au déréférencement est l’un des droits numériques les plus puissants dont vous disposez en 2026. Il vous permet de demander à Google et aux autres moteurs de recherche de retirer de leurs résultats des liens qui vous concernent, sans que le contenu original soit nécessairement supprimé. Consacré par la Cour de Justice de l’Union Européenne en 2014 et renforcé par le RGPD en 2018, ce droit reste méconnu et souvent mal exercé. Ce guide explique ce qu’il couvre, ce que Google évalue et pourquoi une analyse personnalisée compte davantage qu’un modèle de demande générique.

Qu’est-ce que le droit au déréférencement ?

Le droit au déréférencement est le droit reconnu à toute personne physique de demander à un moteur de recherche de ne plus afficher, dans ses résultats de recherche, des liens pointant vers des informations personnelles la concernant.

Ce droit ne supprime pas le contenu à la source : la page web reste en ligne, accessible si l’on connaît son URL ou si l’on passe par un autre chemin. Ce que le déréférencement retire, c’est le lien dans les résultats Google associés à votre nom. Dans la pratique, un contenu absent de Google est un contenu que la très grande majorité des internautes ne trouvera jamais.

Le déréférencement, qu’est-ce que c’est concrètement ?

Prenons un exemple concret. Une personne a été condamnée il y a dix ans pour une infraction mineure. Un article de presse de l’époque est toujours indexé sur Google et remonte en première position dès que quelqu’un tape son nom. Cette personne peut demander à Google de déréférencer cet article pour les recherches associées à son identité.

Si Google accepte, l’article reste sur le site du journal, mais ne remonte plus dans les résultats Google lorsque quelqu’un cherche le nom de cette personne. Le contenu est rendu invisible pour la recherche, sans être effacé du web.

Déréférencement vs droit à l’effacement : quelle différence ?

Ces deux droits sont souvent confondus, mais ils s’adressent à des acteurs différents :

  • Le droit à l’effacement (article 17 RGPD) s’exerce auprès du responsable de traitement : le site qui publie vos données. Il impose la suppression physique de la donnée.
  • Le droit au déréférencement s’exerce auprès du moteur de recherche : Google, Bing, etc. Il retire le lien des résultats sans toucher au contenu source.

Les deux peuvent être exercés simultanément pour une protection maximale. Lorsque la suppression à la source est possible, elle est préférable car elle retire définitivement le contenu d’Internet. Lorsque l’éditeur refuse, le déréférencement est souvent la seule alternative efficace.

D’où vient le droit au déréférencement ?

L’arrêt Google Spain (CJUE, 13 mai 2014)

Tout commence avec une affaire espagnole. Un citoyen espagnol, Mario Costeja González, demandait à Google de retirer les liens vers une ancienne annonce de saisie immobilière le concernant, jugée obsolète et préjudiciable. La Cour de Justice de l’Union Européenne a tranché en sa faveur dans un arrêt fondateur : les moteurs de recherche sont des responsables de traitement au sens de la directive données personnelles, et les personnes physiques peuvent leur demander de déréférencer des informations les concernant.

Cet arrêt a créé le droit au déréférencement dans toute l’Union Européenne et posé ses conditions d’exercice.

Le RGPD renforce ce droit en 2018

L’entrée en vigueur du Règlement Général sur la Protection des Données en mai 2018 a consolidé et élargi ce droit. L’article 17 consacre le “droit à l’effacement”, l’article 21 le “droit d’opposition au traitement”. Ces deux fondements peuvent être invoqués pour demander à Google de cesser d’afficher certains résultats.

Le RGPD impose désormais à tout moteur de recherche opérant dans l’UE de disposer d’une procédure de traitement des demandes de déréférencement et de répondre dans un délai d’un mois.

L’arrêt CJUE du 24 septembre 2019 : la portée géographique

La CJUE a précisé que le déréférencement s’applique aux versions européennes des moteurs de recherche (google.fr, google.be, google.de, etc.) mais pas nécessairement à google.com, la version internationale. En pratique, plus de 95% des recherches effectuées depuis la France passent par les versions européennes. La portée réelle du déréférencement couvre donc la quasi-totalité des recherches concernant les résidents français.

Ce que Google évalue avant de décider

Le droit au déréférencement n’est pas automatique. Google examine notamment si la demande concerne bien une personne physique, si les informations permettent de l’identifier et si le maintien du lien reste proportionné à l’intérêt du public.

L’issue dépend ensuite du contexte complet : nature et ancienneté du contenu, exactitude des faits, rôle public éventuel de la personne, sensibilité des données et portée actuelle de l’information. Deux articles apparemment proches peuvent donc recevoir des décisions opposées.

Une liste de critères ne suffit pas à construire une demande solide. Il faut qualifier le contenu, choisir le levier adapté et présenter les éléments utiles sans fragiliser le dossier par une démarche standardisée. Confier votre demande de déréférencement à NetClearer →

Le moteur de recherche doit-il toujours accepter le déréférencement ?

Non. Le droit au déréférencement n’est pas absolu. Google met systématiquement en balance deux intérêts opposés : votre droit à la vie privée d’un côté, la liberté d’information et l’intérêt du public de l’autre.

Les critères d’appréciation des demandes

Facteurs favorisant l’acceptation :

  • Données obsolètes ou inexactes
  • Informations sans pertinence actuelle (condamnation ancienne, faillite résolue)
  • Données relatives à la vie privée (santé, orientation sexuelle, vie sentimentale)
  • Données de mineurs (protection renforcée, acceptation quasi-systématique)
  • Informations excessives au regard du but poursuivi
  • Données collectées sans base légale valide

Facteurs favorisant le refus :

  • Personnalité publique dans l’exercice de ses fonctions
  • Information d’actualité récente présentant un intérêt journalistique
  • Infraction grave non prescrite
  • Information nécessaire à la sécurité publique ou à la santé publique
  • Contenu publié par la personne elle-même

Le déréférencement des données sensibles et des infractions pénales

Le RGPD prévoit une protection renforcée pour certaines catégories de données dites “sensibles” : données de santé, données relatives à la vie sexuelle, données révélant des opinions politiques ou religieuses, données génétiques. En présence de telles données, le déréférencement est généralement accordé plus facilement.

Pour les données pénales (condamnations, casiers judiciaires, gardes à vue), la CJUE et la CNIL ont posé des critères précis. Une condamnation ancienne pour une infraction mineure, purgée, plaide fortement pour le déréférencement. Une condamnation récente pour une infraction grave peut justifier le maintien de l’information.

Que faire en cas de refus ?

Un refus de Google n’est pas une fin de non-recevoir. Plusieurs recours s’ouvrent à vous.

Saisir la CNIL

La Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés est l’autorité de contrôle française compétente pour traiter les litiges liés au RGPD, dont les demandes de déréférencement refusées. La saisine est gratuite. La CNIL instruit le dossier, sollicite les observations de Google, et peut :

  • Classer la plainte si elle l’estime non fondée
  • Mettre Google en demeure de procéder au déréférencement
  • Prononcer une sanction en cas de non-conformité persistante

Le délai de traitement est généralement de trois à six mois. La CNIL publie régulièrement ses décisions en matière de déréférencement, ce qui constitue une jurisprudence utile pour évaluer les chances de succès d’une demande.

La voie judiciaire

En dernier recours, une action judiciaire peut être engagée devant le tribunal judiciaire de Paris, seul compétent pour les litiges impliquant Google en France. Cette voie est plus longue et plus coûteuse, mais elle permet d’obtenir des décisions contraignantes, y compris des astreintes en cas de non-exécution.

Renforcer et renouveler la demande

Un refus peut aussi être l’occasion de reconstruire le dossier. Un argumentaire mieux ciblé, des pièces justificatives supplémentaires, ou l’invocation d’un fondement juridique différent peuvent modifier l’issue d’une nouvelle demande. C’est l’une des valeurs ajoutées principales d’un accompagnement professionnel.

Déréférencer sur Bing, Yahoo et les autres moteurs

Le droit au déréférencement ne se limite pas à Google. Tout moteur de recherche opérant dans l’Union Européenne est soumis au RGPD et doit traiter les demandes de déréférencement. En pratique, Google représente plus de 90 % des recherches en France, mais une suppression partielle laisse des failles.

Bing (Microsoft) dispose d’un formulaire de déréférencement dédié dans son Centre de confidentialité. La procédure est similaire à celle de Google : indiquer les URLs concernées, le motif juridique, et fournir une pièce d’identité. Microsoft dispose d’un mois pour répondre.

Qwant peut être saisi directement via son support. Le moteur français est soumis au RGPD et traite les demandes selon les mêmes critères.

DuckDuckGo indexe en partie ses résultats depuis Bing. Un déréférencement accepté par Bing se répercute généralement sur DuckDuckGo dans un délai de quelques semaines.

Une demande acceptée par Google ne s’applique pas automatiquement aux autres moteurs. Pour une protection complète, il faut soumettre une demande séparée à chaque moteur ciblé.

Déréférencer des images sur Google Images

Le déréférencement de Google Images suit une procédure distincte du déréférencement web classique. Une photo peut être retirée des résultats d’images Google dans plusieurs situations :

  • Photo publiée sans consentement : violation du droit à l’image (article 9 du Code civil)
  • Image intime non consentie : procédure accélérée, les plateformes sont légalement tenues d’agir rapidement
  • Photo d’identité utilisée à des fins commerciales sans accord
  • Deepfake ou image générée par IA à votre effigie

La demande se fait via le formulaire Google dédié aux contenus graphiques. Il faut indiquer l’URL de l’image (pas de la page qui la contient), la requête de recherche sur laquelle elle apparaît, et le motif de la demande. Le traitement est généralement plus rapide que pour le déréférencement de pages web, souvent sous 7 à 15 jours.

Le déréférencement s’applique-t-il aux entreprises ?

Non. Le droit au déréférencement est réservé aux personnes physiques. Une société, une association ou une institution ne peut pas l’invoquer à titre propre.

Cela dit, les entreprises ne sont pas sans recours :

  • Droit de rectification (article 16 RGPD) : toute information inexacte sur une fiche d’entreprise peut être corrigée
  • Diffamation : un contenu mensonger portant atteinte à la réputation d’une société engage la responsabilité civile et pénale de son auteur
  • Droit d’opposition : une entreprise peut s’opposer à certains traitements de ses données professionnelles sur la base d’un intérêt légitime

En pratique, les dirigeants d’entreprise peuvent exercer le droit au déréférencement à titre personnel pour les informations qui les identifient en tant que personnes physiques : leur nom associé à une condamnation, une adresse personnelle utilisée comme siège social, ou des données obsolètes les concernant directement.

Cas particuliers : questions fréquentes

Peut-on déréférencer des informations concernant une personne décédée ? Les héritiers peuvent exercer certains droits post-mortem, notamment pour des raisons de dignité ou de protection de la vie privée du défunt. Ce droit n’est pas automatique et doit être justifié.

Un mineur devenu adulte peut-il déréférencer des informations publiées pendant son enfance ? Oui, et avec un taux de réussite très élevé. Les données collectées sur des mineurs bénéficient d’une protection renforcée sous le RGPD. Une fois adulte, la personne peut demander la suppression et le déréférencement de tout contenu publié pendant sa minorité.

Une condamnation prescrite peut-elle être déréférencée ? C’est l’un des cas les plus favorables. Une condamnation ancienne, purgée, sans récidive, pour une infraction mineure : le déréférencement est généralement accordé. La balance entre droit à la vie privée et intérêt public penche clairement en faveur du demandeur lorsque les faits sont anciens et sans pertinence actuelle.

Google peut-il re-référencer une page déréférencée ? Oui, si le contenu est republié sur une nouvelle URL, Google peut l’indexer à nouveau. Un déréférencement couvre l’URL spécifique visée, pas les éventuelles copies. Une veille régulière est recommandée pour détecter toute réapparition.

Pourquoi une demande générique est souvent insuffisante

La qualité du dossier repose moins sur une liste universelle de pièces que sur leur pertinence pour la situation précise. Le même fondement ne convient pas à tous les contenus, et une demande trop générale peut laisser de côté l’élément qui permet réellement d’établir le caractère obsolète, inexact ou disproportionné du résultat.

NetClearer analyse chaque URL, le contexte de publication et les conséquences actuelles avant de choisir la stratégie. Le client comprend les options et les limites, tandis que nous prenons en charge la qualification, la présentation du dossier et son suivi. Confier votre demande de déréférencement à NetClearer →

Déréférencement : faire appel à un professionnel

Le taux de refus des demandes de déréférencement formulées seul est estimé à plus de 50% par les praticiens du droit numérique. Les raisons sont toujours les mêmes : fondement juridique mal identifié, argumentaire insuffisant, URLs mal ciblées, ou absence de justificatifs adaptés.

NetClearer accompagne particuliers et professionnels dans leurs demandes de déréférencement depuis 2019. Chaque dossier est analysé juridiquement avant toute démarche, l’argumentaire est construit pour maximiser les chances d’acceptation, et le suivi est assuré jusqu’au résultat, y compris en cas de recours CNIL ou judiciaire.

Réaliser un audit gratuit de votre situation →

Ressources complémentaires

Questions fréquentes en bref

Qu'est-ce que le droit au déréférencement ?
Le droit au déréférencement est le droit reconnu à toute personne physique de demander à un moteur de recherche de retirer de ses résultats les liens pointant vers des informations personnelles la concernant. Ce droit a été consacré par la CJUE en 2014 et renforcé par le RGPD en 2018. Il ne supprime pas le contenu à la source, mais le retire des résultats associés à votre nom.
Quelle est la différence entre droit au déréférencement et droit à l'effacement ?
Le droit à l'effacement (article 17 RGPD) oblige le responsable de traitement à supprimer la donnée qu'il détient. Le droit au déréférencement s'applique spécifiquement aux moteurs de recherche : il retire le lien des résultats sans supprimer le contenu sur le site d'origine. Les deux droits peuvent être exercés conjointement pour une protection maximale.
Comment faire une demande de déréférencement à Google ?
La demande se fait via le formulaire officiel de déréférencement de Google, disponible dans son Centre de transparence. Il faut indiquer les URLs à déréférencer, le motif juridique précis (RGPD article 17 ou 21), et fournir une pièce d'identité. Google dispose d'un mois pour répondre. Un dossier mal argumenté est presque systématiquement rejeté.
Google est-il obligé d'accepter toutes les demandes de déréférencement ?
Non. Google évalue chaque demande en mettant en balance le droit à la vie privée du demandeur et l'intérêt public à accéder à l'information. Les données obsolètes, inexactes ou excessives ont de bonnes chances d'être acceptées. Les informations d'intérêt journalistique ou public sont généralement maintenues.
Que faire si Google refuse ma demande de déréférencement ?
En cas de refus, vous pouvez saisir la CNIL gratuitement. La CNIL instruit le dossier et peut ordonner à Google de procéder au déréférencement. En dernier recours, une action judiciaire devant le tribunal judiciaire de Paris est possible. NetClearer vous accompagne dans toutes ces étapes.
Quel est le rôle de la CNIL dans le déréférencement ?
La CNIL est l'autorité de contrôle française chargée de faire respecter le RGPD. En matière de déréférencement, elle peut être saisie gratuitement en cas de refus de Google. Elle instruit le dossier, peut mettre Google en demeure de déréférencer, et dispose d'un pouvoir de sanction. La CNIL a publié de nombreuses lignes directrices sur le sujet.
Le droit au déréférencement s'applique-t-il à tous les moteurs de recherche ?
Oui, le droit au déréférencement s'applique à tout moteur de recherche opérant dans l'Union Européenne : Google, Bing (Microsoft), Yahoo, Qwant, DuckDuckGo. Chaque moteur dispose de sa propre procédure. Une demande acceptée par Google ne s'applique pas automatiquement aux autres moteurs.
Le déréférencement est-il définitif ?
Le déréférencement est durable mais pas toujours définitif. Si le contenu est republié sur une nouvelle URL, il peut être réindexé. Un suivi régulier est recommandé. NetClearer propose un service de veille pour détecter et traiter rapidement toute réapparition.

Notre service de
déréférencement Google

Action rapide
Experts en nettoyage web
4.8 / 5
+2000 Clients satisfaits